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[RP] - La vengeance est un plat qui coûte un bras

le Lun 18 Juin - 11:49
Le jour tant attendu était enfin arrivé. Après des siècles de séparation, Nidhogg et moi nous étions finalement retrouvés. Auprès des Vicomtes Pourfendeurs, nous nous étions entraînés, et ce dans un seul but : venger notre père. En parallèle, Nidhogg cherchait aussi des pistes sur les faiblesses et les lieux où nous pourrions retrouver le Chevalier Noir. Seule ma crainte égalait mon impatience de repartir à sa recherche. Cette fois-ci, l’un d’entre nous allait mourir. Au moins, me suis-je dit, j’avais assez souvent combattu à ses côtés ou contre lui pour connaître toutes ses techniques de combat. Avec l’aide de mon frère, je pourrais sans doute le vaincre.

Toujours est-il que nous avons quitté le château des Vicomtes lorsque mon frère m’a averti qu’il avait une piste solide. Nos affaires étions déjà prêtes au départ depuis un moment. Nous avons emprunté le portail permettant de retourner à Midgard, notre monde d’origine (je n’ai d’ailleurs toujours pas compris dans quel monde se trouvait le château des Vicomtes Pourfendeurs, mais c’est un problème que j’éluciderai une autre fois) et nous avons pris le chemin de la Scandinavie, là où Nidhogg pensait le trouver. Refaire le périple de notre exil en sens inverse nous a fait remonter à tous deux de nombreux souvenirs, attisant notre haine du chevalier noir. Une fois de plus, nous avons atteint l’endroit où se trouvait autrefois la longhouse de notre père. Il n’en restait maintenant que quelques pierres au milieu d’un vaste parc naturel, mais il ne s’y trouvait aucune trace du valraven. Peu désireux de s’attarder plus longtemps ici, mon frère me pressa de reprendre notre traque.

Pendant plusieurs semaines, nous avons pourchassé le moindre indice nous permettant de retrouver l’assassin de notre père. Pourtant, il était introuvable. Comme s’il cherchait à se cacher. Finalement, à force de recherches, Nidhogg a fait la découverte d’une information importante : les valravens reviennent souvent hanter le lieu où ils ont péri avant de devenir ce qu’ils sont. Nos recherches se sont tournées vers la découverte du lieu où il était mort. Comme me l’a expliqué mon frère à de nombreuses reprises, un valraven naît lorsqu’un roi scandinave meurt sans sépulture et que son corps est laissé aux corbeaux. Il fallait donc trouver le corps d’un roi viking sans sépulture. Si j’avais dû m’y atteler seul, je n’aurais sans doute jamais retrouvé notre ennemi. Mais Nidhogg était plus déterminé que jamais, et il finit par localiser notre cible probable, ce qui nous mena jusqu’à l’île de Jan Mayen, sur le flanc du volcan Beerenberg, là où le roi Olaf Bjornson est mort de froid, après que son langskip s’y soit échoué durant une tempête, pendant une expédition en direction des lointaines terres du Nord. Pas étonnant qu’il y soit mort : L’île n’était qu’un immense tas de basalte et de glace surmonté d’un volcan en activité. Mis à part de l’herbe rase, il n’y avait rien de vivant là-bas. Lorsque nous avons posé pied sur l’île, la neige tombait à gros flocons et le sol gelé craquait sous nos pas. Après avoir quitté la plage et atteint le glacier qui recouvrait la majeure partie du volcan, il ne nous a pas fallu chercher longtemps pour voir un homme de grande taille vêtu d’une armure d’un noir d’encre, deux longues épées à sa ceinture, qui semblait se recueillir sur un squelette à demi enterré couvert de givre.

Le chevalier Noir se tourna vers nous lorsque nous nous sommes approchés de lui.
-Vous avez fini par me retrouver, constata t-il simplement.
Nidhogg m’a tendu son épée. Le valraven étant immortel, il fallait que l’un d’entre nous accomplisse un rituel magique pour que son âme soit envoyée à Hel à sa mort, au lieu de réintégrer son corps. Comme Nidhogg était le plus versé en magie de nous deux, c’était lui qui devait s’en charger pendant que j’affrontais notre adversaire. J’ai pris l’épée de mon frère et dégainé Gram avant de la pointer sur lui :
-Tu es prêt pour ton dernier combat ? Lui ai-je demandé.
Le chevalier noir dégaina ses deux épées à son tour.
-Cela fait mille ans que j’attends ce jour.

Au moment où Nidhogg a commencé à prononcer la formule du rituel destiné à sceller son âme, je lui ai bondi dessus en poussant mon plus terrible cri de guerre. Le valraven bloqua mon premier coup et riposta à la vitesse de l’éclair. Je savais que je ne pouvais pas le vaincre simplement. Mais comme je connaissais ses points forts et ses points faibles par cœur, je pouvais aisément le tenir en respect le temps que Nidhogg achève le rituel. S’il ne durait pas trop longtemps… combien de temps était-il censé durer, d’ailleurs !? Il ne m’avait rien dit à ce sujet ! Tandis que le chevalier noir et moi entamions un combat acharné, il me dit :
-Tu sais, j’ai appris que tu avais rejoint les Vicomtes Pourfendeurs. J’ai l’impression que tu te bats moins bien depuis que tu es à leurs côtés.
J’ai feinté avec l’épée de Nidhogg et lui ai donné un coup d’estoc à l’aide de Gram, qu’il esquiva de justesse.
-Excuse-moi, ai-je répondu, je n’étais pas concentré sur le combat. Je réfléchissais à ce que j’allais manger ce soir.
Avec un grognement, mon adversaire me porta un coup vertical de ses deux épées à la fois, que je peinai à bloquer tant sa frappe était puissante. J’ai reculé en glissant sur un mètre avant de parvenir à me remettre en garde et à riposter.
-Tu ramollis, me répondit-il. Ce doit être l’âge.
-Quant était la dernière fois que nous nous sommes affrontés ? N’était-ce pas pour l’assassinat de ce gros Duc ? Il me semble que tu ne t’es absolument pas amélioré depuis cette époque.
Ce fameux combat que j’ai évoqué, c’était ma première victoire contre lui. Et, visiblement, le souvenir de ce duel était encore assez vif dans son esprit.
-J’étais ivre, rétorqua t-il.
-Et tu l’es toujours ? En cinq cents ans, tu n’as toujours pas appris que l’alcool était mauvais pour la santé ?
-Je n’arrive pas à croire qu’un buveur de sang comme toi puisse me faire des remarques à ce sujet.
Le chevalier noir exécuta un rapide enchaînement de coups à l’aide de ses deux épées, que j’ai bloqués avant de faire la même chose, le forçant à reculer de quelques pas. Combien de temps le rituel de Nidhogg allait-il encore durer ? Soudain, j’ai entendu le valraven prononcer une formule en vieux norrois. Je n’étais pas un professionnel en magie, mais je me souvenais assez bien de ma langue natale pour savoir qu’il s’agissait d’un sort de destruction majeur. Une lumière crépitante enveloppa la lame de l’une de ses épées alors qu’il la levait pour me porter un coup puissant. A mon tour, j’ai prononcé une des rares formules que je connaissais, le Feu de Muspelheim. La lame de Gram s’est à son tour illuminée de flammes oranges aussi brillantes que le soleil. Au fond de moi, j’ai poussé un soupir de soulagement. Avec mon talent en magie habituel, j’avais craint que le sort ne fonctionne pas. J’ai frappé le valraven en même temps que lui abattait son épée chargée de magie, et une explosion a retenti sur toute l’île. J’ai senti Gram m’échapper des mains tandis qu’un terrible tremblement de terre secouait l’île, et que le sol s’ouvrait sous mes pieds.  J’ai tout juste eu le temps de m’accrocher à un piton rocheux s’élevant du sol avant qu’une crevasse large de plus de dix mètres et remplie de lave en fusion s’ouvrait à l’endroit où je me trouvais auparavant, me séparant de Nidhogg et de mon adversaire, tandis que le volcan entrait en éruption, mêlant cendres et lave à la neige et à la glace qui tourbillonnaient dans le ciel.
-Oups, ai-je lâché.
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Re: [RP] - La vengeance est un plat qui coûte un bras

le Lun 18 Juin - 11:59
Je venais de finir l'une des phrases les plus délicates à prononcer de l'incantation, quand le fracas sismique me fit lever la tête de mon grimoire. Le volcan crachait un nuage de cendres, et une large fissure séparait Fafnir du chevalier noir et de moi-même.
- Par la trique de Frey ! me suis-je écrié.

Le chevalier, qui avait été projeté à terre par l'onde de choc, se releva péniblement. Jetant un coup d'oeil autour de lui, il vit que l'une de ses épées, celle qui été ornée d'une tête de loup, avait été propulsée du côté de la fissure où se trouvait Fafnir. Il empoigna donc son épée restante à deux mains et commença à marcher vers moi d'un pas résolu.
⁃ Nidhogg ! Prends Gram !
Je me tournai vers mon frère, qui pointait du doigt un point situé à quelques mètres devant moi. Gram, son épée, était tombée à cet endroit. Je me suis précipité sur elle et l'ai ramassée. J'ai ensuite lancé mon grimoire vers Fafnir, en criant:
⁃ On échange les rôles ! Finis l'incantation !
Surpris, Fafnir faillit laisser tomber mon précieux grimoire dans la fissure remplie de lave en fusion, mais il réussit à le rattrapper de justesse.
⁃ Heu... T'es sûr ? Je suis pas aussi bon que toi en magie...
Je parai in extremis un coup porté par le chevalier noir. Le fourbe avait profité de ce bref moment d'inattention pour m'attaquer. Je me mis à échanger quelques coups avec lui tout en hurlant à l'intention de Fafnir:
⁃ C'est facile, tout est écrit dans le grimoire ! Il suffit juste de bien faire attention à l'accentuation, et à bien rouler les "R" !
⁃ Oh, non...
Fichtre. J'avais oublié ce détail. Malgré tous les pays qu'il avait visité et les nombreuses langues qu'il avait apprises, quand Fafnir essayait de rouler un "R" il ne parvenait qu'à produire un meuglement vaguement humain, quand il ne s'étouffait pas avec sa propre langue.
⁃ Hum... Bon, oublie l'histoire des "R", mais dans ce cas n'oublie pas l'accent tonique à la fin des verbes transitifs et à la troisième syllabe de chaque adjectif substantivé ! lui ai-je dit tout en esquivant les assauts rageurs du chevalier.
⁃ Cesse donc cet étalage de pédanterie linguistique, et montre-moi si tu as des tripes ! À moins que je ne doive vérifier par moi-même... grogna ce dernier.
D'un large mouvement semi-circulaire, il tenta de m'éventrer. Je parvins à faire un bond en arrière tout en rentrant le ventre, et la pointe de son épée frôla mon nombril. Je ne me féliciterai jamais assez d'avoir fait un régime, tiens.

Tentant de reprendre l'avantage, j'enchaînai une série de coups rapides et imprévisibles, qu'il parvint aisément à parer avant de contre-attaquer. Je n'avais pas l'habitude de me battre avec une lame aussi courte.
⁃ J'ai horreur des petites épées... ai-je marmonné.
⁃ C'est pas la taille qui compte !!! Hurla Fafnir entre deux phrases.
⁃ C'est toujours ceux qui ont la plus petite qui disent ça, ricana le chevalier noir.
Il profita de son allonge pour me porter un coup d'estoc à une distance qui m'interdisait toute tentative de contre-attaque. Je voulus faire un pas en arrière pour me mettre plus en sûreté, mais mon pied s'enfonca dans le vide. Je me tenais au bord du précipice.

Le chevalier s'approchait, et j'imaginais sans peine son rictus triomphateur sous son casque. Soudain, je sentis un vague de puissance affluer vers lui, et il se plia en deux, comme frappé par un poing invisible. Je me retournai vers Fafnir, qui venait de lancer le sort, la main encore fumante de volutes magiques. Le chevalier se redressa, et jeta un regard angoissé vers les restes squelettiques de sa personne, comme si le fait de se sentir de nouveau mortel le faisait s'inquiéter pour l'intégrité de son cadavre.
À fourbe, fourbe et demi, me suis-je dit. Profitant de ce moment de distraction, je saisis son bras et me laissai tomber dans le gouffre. La surprise le fit lâcher sa deuxième épée, tandis que je restai fermement agrippé à Gram. Pendant notre chute, je la lui enfonçai dans le ventre, ce qui le fit hurler de douleur.
⁃ Celle-là, c'est pour notre père, que tu as lâchement assassiné dans son sommeil.
Une nouvelle fois, je brandis Gram et l'abattis sur sa gorge, faisant taire ses hurlements.
⁃ Celle-ci, c'est pour les Vicomtes Pourfendeurs, que tu as osé insulter.
Je finis en transperçant sa poitrine de part en part, à l'emplacement de son coeur.
⁃ Et celle-là, c'est cadeau de la maison, parce que jamais deux sans trois.
Quelques secondes avant d'atteindre l'étendue de lave, je pris ma forme de corbeau et sortis du gouffre à tire-d'aile, suivi par l'écho d'un sifflement strident rappelant celui d'une bouilloire.
Immédiatement en sortant, je me posai à côté de mon frère et repris ma forme humaine. Après quelques secondes de silence, il finit par dire.
⁃ Notre père est enfin vengé. Ça nous aura coûté près d'un millénaire de traque...
⁃ Tu sais ce que dit le proverbe, répondis-je. La vengeance est un plat qui coûte un bras.
Un proverbe issu de la sagesse d'un ancien philosophe chinois, si mes souvenirs sont exacts.

Une voix se fit alors entendre, emplissant l'espace comme un coup de tonnerre pendant un jour ensoleillé.
⁃ Félicitations, les frères. Vous avez eu votre vengeance. Maintenant, il est temps de t'acquitter de ta dette, Nidhogg.
C'était le dieu Mimír qui venait de s'exprimer. Je lui avais promis mon coeur, c'est-à-dire mon âme, en échange de l'identité de l'assassin de mon père. Il ne perdait pas de temps pour se faire payer, le bougre !
J'échangeai un regard avec Fafnir. Ses yeux étaient remplis de détermination. Il savait ce qu'il avait à faire.
Déjà, je sentais la puissance de Mimír s'insinuer dans mon esprit, j'entendais son rire triomphant et je perçevais sa jubilation.
⁃ À mon signal... Murmurai-je à l'intention de Fafnir.
Sans doute Mimír avait-il entendu, et il se serait méfié en temps normal, mais il était bien trop excité par la perspective de pouvoir marcher sur la Terre de nouveau qu'il ne prêta aucune attention à mes paroles.
Mis à genoux par la puissance écrasante du dieu, je luttai pour rester lucide jusqu'au dernier moment. Enfin, je sentis les vrilles de son pouvoir enserrer mon coeur.
⁃ Maintenant !
À ce mot, Fafnir réagit au quart de tour et enfonça mon épée dans mon coeur jusqu'à la garde. L'agonie me fit hurler, mais ce fut du sang qui sortit de ma bouche à la place du son.
Au même moment, Mimír pénétrait dans mon coeur transpercé, et tomba ainsi sans s'en rendre compte dans mon piège. Privée de réceptacle, l'âme du dieu fut absorbée par la lame de l'épée. Celle-ci subit alors une étrange transformation: le visage de Mimír apparut sur sa garde, et dit:
⁃ Ça y est, j'ai de nouveau un corps, hahaha ! Mais, euh, pourquoi je le vois de l'extérieur ?
Baissant les yeux, Mimír vit la lame encore enfoncée dans ma poitrine, et comprit qu'il avait été enfermé dans l'épée.
⁃ Non, non, non, non... NOOOON !!!
Je perdis connaissance à cet instant.

À mon réveil (oui ! Je me suis réveillé ! Fafnir a réussi à me guérir !) Fafnir était penché au-dessus de moi, et je voyais le mât de notre bateau au-dessus de lui. En me voyant ouvrir les yeux, son expression soucieuse laissa la place à un large sourire.
⁃ Tu es vivant ! On a réussi ! Tout s'est passé exactement comme prévu !
Je souris aussi.
⁃ Ah tiens, c'est drôle, parce que dans mes souvenirs c'est TOI qui était censé te battre et MOI qui devait lancer le sort.
⁃ Oui bah, ça prouve bien que je suis aussi bon magicien que toi !
⁃ Quoi ?! Mais tu sais même pas rouler les "R" correctement !
⁃ Ben toi tu sais pas te battre correctement !
⁃ Si, mais c'est ton épée qui est trop petite !
⁃ C'est pas la taille qui compte !
Il s'interrompit, semblant se rappeler quelque chose, et son sourire s'élargit.
⁃ Tiens, en parlant d'épée, dit-il, je crois qu'on a de quoi commencer une collection.
Il saisit alors un sac à côté de moi et en sortit deux épées: Mimír dans sa nouvelle forme, l'air plus renfrogné que jamais, et l'épée à tête de loup du chevalier noir. Il me tendit Mimír en disant :
⁃ Dommage qu'on ait perdu celle à la tête de corbeau, elle aurait été assortie à ta forme. Et probablement plus agréable.
⁃ Je vais assortir la forme de tes fesses à celle du volcan, tu vas voir si c'est agréable ! rugit Mimír.
Mon sourire s'élargit aussi. C'est vrai que même si tout ne s'était pas déroulé comme prévu, le bilan était plutôt pas mal: on avait vengé notre père, et récupéré deux épées, dont l'une contient rien de moins que l'âme d'un dieu. Et en plus, je suis toujours vivant. Ça aussi, c'est un point plutôt positif.
⁃ Bon bah... On a plus qu'à rentrer au château des Vicomtes et leur raconter l'histoire.
⁃ Ou alors on pourrait l'écrire, ce serait plus simple.
⁃ Bonne idée, on va faire ça pendant le voyage. Comme ça, ce sera prêt la prochaine fois qu'on les verra.
Et c'est ainsi que nous nous mîmes à rédiger le texte qui se trouve en ce moment même sous le regard de vos mirettes ébahies.
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