Fémirôlisme : témoignages.

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Fémirôlisme : témoignages.

Message par Lucinda Rent'Ez le Mer 1 Juil - 9:01

Bonjoir à tousse,

Suite à l'annonce de Nyktophylax concernant l'événement Fémirôlisme, qui devrait avoir lieu en novembre de cette année, j'ouvre ce topic afin de vous permettre de vous exprimer sur ce qui motive l'événement : les femmes et le jeu de rôles.
Avez-vous un avis sur la question, des expériences à partager ? Quel que soit votre genre, votre témoignage est le bienvenue. Il permettra d'alimenter la discussion le jour dit, et de nous faire y voir plus clair afin d'orienter optimalement l'organisation de l'événement.

Attention : ça n'est pas un sujet destiné au débat, mais simplement aux témoignages.

Lesdits témoignages pourront faire l'objet de publication web ou papier appuyant l'événement.
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Re: Fémirôlisme : témoignages.

Message par Shah'rogne le Jeu 16 Juil - 23:42

Des temoignages j'en ai plein (12 ans de JDR, forcément on voit passer quelques trucs).
Mais je cherche comment les présenter sans rentrer dans un débat ou une prise d'opinion.

Dans un premier temps, la place de la femme dans le jeu de rôle. Ca fait maintenant quelques années que je me proméne entre différentes associations de JDR (soit sur des festival, soit en temps que membre) et ma conclusion : Trés peu de femme dans ces asso (a peut prés 1 femme pour 20 hommes à la louche). En tout cas dans la sphére toulousaine !
Ensuite la femme DANS le jeu de rôle.

Je ne compte plus les joueurs males que j'ai vu jouer des personnages femmes en rentrant en plein dans des stéréotypes outrageux (femmes fatales/catins/"blondes"/naives). Alors que j'ai trés rarement vu un joueur homme interpréter une femme "normale", avec les caractéristiques de son sexe (sociales selon l'univers, physiques, etc etc ...)
Mais je pense que principalement j'ai vu des joueurs intérprété des stéréotypes genrés, les PJ hommes doivent être fort ou intelligent ou mystérieux, mais surtout virils. Pas de place à la sensibilité chez un homme dans le JDR. Ou alors rarement. Les PJ femmes, mêmes joué par des femmes doivent au contraire être sensibles, belles, subtiles ...
Pour moi vraiment, au cours de ces 12 ans, je n'ai vu que trés peu de joueurs tenté de sortir de ces moules genrés, essayer de faire quelque chose de différent.

Je passe maintenant sur le consentement (PJ -> PJ ou PJ -> PNJ).
Combien de fois des PJ ont "violé" quelqu'un (un autre PJ ou un PNJ) ou forcé un (souvent une) PJ à se prostituer pour la quête ? Et quand j'ai décidé, énérvé, de décrire dans le détail à un PJ le viol qu'il était en train de commettre sur une PNJ, pourquoi est ce que je me suis fait traiter de tous les noms par tout le monde autour de la table ?

Ce que j'ai vécu au cours de ces 10 ans c'est une forme d'anonymat malsain, pire qu'internet, ou vos amis (ou au moins vos compagnons de route) se permettent parfois de rire et faire des choses absolument inimaginables, et vivent dans un univers ou le sexe n'est que drôle, sous toutes ses dérive.
Essayez (je l'ai fait) de demander à un joueur de vous décrire sa séance de drague alors qu'il à décider pour la Niéme fois de jouer une prostituée dans une univers quelconque, vous verrez que pour eux, la logique est souvent Drague -> Baise. Aussi mécanique que Coup D'épée -> Mort de l'ennemi.

Je m'arréte ici me rendant compte que je ne fais que peu de témoignage et beaucoup de débat, et je vais me remettre à réfléchir avant de revenir éditer tout ça ...



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Re: Fémirôlisme : témoignages.

Message par Lucinda Rent'Ez le Lun 20 Juil - 9:50

Merci pour ton témoignage, Rogne.

Je me retrouve dans ce que tu dis concernant "l'anonymat malsain" (et ce qui suit sera mon témoignage). Je ne suis pas une grande joueuse de jeux de rôles, pourtant, je côtoie essentiellement des rôlistes depuis une dizaine d'années. Aujourd'hui je suis présidente et co-fondatrice d'une association rôliste, pourtant, je m'impose en ces termes : moi à l'exécutif, il n'y aura pas de jeux de rôles sur table dans TROLL.

Pourquoi ? Parce que lorsque, pour la première fois, je me trouvai au milieu d'ami-e-s qui parlaient de leur campagne Donjons et Dragons en cours (le "e" est important - c'était fifty-fifty ou presque, sans conteste paritaire), je ne cachai pas mon incrédulité - non, j'en fus carrément abasourdie en fait. Quoi ? Ton personnage a mis au monde le fruit monstrueux d'un viol commis par un autre PJ de ton groupe et ça te fait marrer ? What the fuck ?
Ouais, vraiment, c'est cette culture du viol dissimulée derrière des avatars fictifs qui m'a tenue d'emblée loin du JDR. Là-dedans, dans ce premier contact avec le jeu de rôle qui m'a révulsée, quelle était la place de la femme ? Centrale. Active mais objet. Violée mais consentante. What ?
Sans doute cela a-t-il eu, d'ailleurs, une place prédominante dans la construction de ce qu'est mon féminisme aujourd'hui - la conviction que les rapports femme-femme et homme-homme (binarité quand tu nous tiens - mais ça suffira à mon propos) sont infiniment plus cruels, insidieux, destructeurs que les rapports mutuels homme-femme.

Enfin, je sens venir le pavé ; je vais donc m'efforcer de répondre directement à ma propre question. Quelle est la place de la femme dans le jeu de rôle ?

Stigmatisée quand elle est rejetée (via les stéréotypes de genre, qui ne sont pas l'apanage de la femme cependant) ;
Caricaturale quand elle est intégrée (via un mécanisme de consentement qui se fonde sur l'adéquation aux mœurs d'une groupe dont on veut faire partie, probablement) ;
Absente, quand elle refuse de joueur le jeu (coucou, c'est moi).

Bilan ? Je ne sais trop. Sont-ce les femmes d'elles-mêmes qui se tiennent loin du JDR ? Principalement, oui. Mais à cause de mécanismes réels et fantasmés, de clichés et de faits véhiculés par la culture rôlistique et ce qui en émane. Y a-t-il un véritable rejet de la féminité ? Parfois. Je crois cependant qu'il se base pour la plus large part sur une incompréhension (la femme, cet être complexe, n'est-ce pas - Ô pauvres "hommes" qui prétendent l'être moins, insidieuse mauvaise foi), et qu'il est plus réflexe que pesé - systématique, automatique, mais pas systémique ou inhérent au JDR.

Mon témoignage est ce qu'il est, lacunaire et plus conceptuel qu'empirique. Merci à tous ceux qui apporteront matière là où elle me manque, offriront de l'idée, de la nourriture à débat - votre avis nous intéresse et intéresse beaucoup de monde ; un merci collectif à tous ceux qui feront vivre l'événement, par toute contribution qu'il vous saura gré d'apporter Smile

Rent'Ez de TROLL.

PS : Je n'ai pas parlé du jeu de rôle grandeur nature. Parce que je pense, sens, vis que c'est différent. Je n'ai pas encore d'hypothèse stable concernant le pourquoi - peut-être que c'est parce que, lorsqu'on se ramène avec des préjugés sexistes, on se retrouve vite à les ravaler en se retrouvant à jouter face à une femme aguerrie...
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Re: Fémirôlisme : témoignages.

Message par Nyktophylax Griznievsky le Sam 25 Juil - 20:24

Wow...

Je ne sais pas avec qui vous jouez, mais je n'ai jamais, en dix ans de jeu de rôles, vu des cas pareils. Certes, durant mes trois-quatre premières années, j'étais peut-être trop "petit" pour me heurter à la problématique... Mais le sexe, ni le genre n'ont jamais été un enjeu pour les gens autour de la table lors de mes huit premières années d'exercice, et ce avec des groupes de compositions variées.

J'ai effectivement fait ma plus longue campagne, dont je garde un excellent souvenir malgré la médiocrité de Donjons et Dragons 4, dans un groupe uniquement constitué d'hommes. Il n'y avait qu'un personnage féminin, une prêtresse naine, qu'un ami jouait, en gros, comme une espèce de mélange soupe-au-lait de la bourrinitude loyale d'un Gimli doublé de la sollicitude d'une mère Thérésa armée d'un marteau de guerre, sans attribut de genre féminin particulier. Et pourtant, c'était loin d'être notre joueur le plus subtil. Y compris avec les filles. C'était également, sur cette campagne, le seul qui eût à peu près mon âge dans le groupe initial. Les trois autres étaient des vieux de la vieille. Je ne vois, d'ici, aucune anecdote croustillante sur la vie sexuelle de nos personnages : sérieusement, nous étions beaucoup trop occupés à faire joujou avec des dragons et à empêcher des sociétés secrètes de voler des artefacts pour nous demander si nos persos allaient choper, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, d'ailleurs. en revanche, certes, les personnages masculins du groupe étaient des parangons de virilité badass qui feraient passer Batman pour un nourrisson.

Si j'ai vu des PJ abuser de PJ et de PNJ, eh bien... La question s'est posée lors d'une éphémère campagne Pathfinder que j'ai mastérisée du temps de ma première Khâgne. La joueuse la plus enthousiaste de mon groupe a voulu jouer une soigneuse, mais a absolument tenu à en faire une prêtresse vouée à la déesse de la luxure et de la trahison. Vous voyez le tableau... Tout, avec les PNJ (et en partie avec ses compagnons de route) devait se résoudre sur le champ de bataille ou sur de la toile à matelas. C'est assez vite devenu lassant, autant pour elle que pour moi, dès lors que j'ai immunisé la plupart des PNJ à son sort de Charme-personne (pour obliger le groupe à faire un peu plus de RP). Je n'étais pas spécialement aidé en cela par le reste de joueurs et joueuses (le groupe était paritaire), qui ne jouaient pas la fin du sort en question, et pour qui il était parfaitement normal d'avoir été GHBisés par magie et abusés par la meneuse du groupe une fois ses effets dissipés. Aucun RP supplémentaire n'est venu de ce côté là. Le catho du groupe était un peu gêné (mais pas son perso apparemment), et ça faisait rire les autres. Des tensions internes aux PJs auraient pourtant été intéressantes à gérer. Bref, je m'égare. Tout ça pour dire  que j'ai effectivement vu un cas assez spectaculaire d'hypersexualisation d'une PJ, du fait d'une joueuse. N'ayant jamais vraiment vu ça en JdR (et pourtant je n'avais pas joué qu'avec mes vétérans), je dois avouer que je n'ai pas forcément toujours très bien géré la chose... Je suis un MJ beaucoup trop permissif, et c'était alors ma première campagne. Et la dernière à cette date. That was not pleasant.

Bref, voilà pour moi. J'ai vu les deux extrêmes, pourrait-on dire, mais j'ai toujours eu une expérience du jeu de rôle très différente des clichés qui courent sur ce dernier. Le peu de présence féminine excepté : je n'ai vu de vrais groupes paritaires que lors de ce malheureux Pathfinder, et lors de certains One-Shots que j'ai joués avec des amis du lycée à l'époque.
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